Sage-femme, le plus beau métier du monde et pourtant si méconnu.

Ca y est, le test de grossesse est positif, la bonne nouvelle est tombée : vous attendez un heureux événement ! Dès que vous avez appris la bonne nouvelle, vous avez sûrement attrapé votre téléphone afin de prendre un rendez-vous chez votre gynécologue afin d’en savoir plus.

Vroedvrouw - Sage femme

Mais saviez-vous qu’une sage-femme peut également vous accompagner durant votre grossesse ? Nous avons interviewé Sarah Michel, sage-femme faisant partie de l’Union Professionnelle des Sages-Femmes Belges (UPSfB), afin de donner quelques bons conseils aux futures mamans.

En Belgique, quels sont les différents types de suivi dont peut bénéficier une femme enceinte ?

Il existe 3 options :

  • Le gynécologue
  • Le médecin généraliste
  • La sage-femme

A l’heure actuelle, 98% des femmes enceintes sont suivies par leur gynécologue. Néanmoins, il est possible de se tourner vers son médecin traitant ou encore une sage-femme pour les grossesses à bas risque (une grossesse est considérée à bas risque lorsque celle-ci se passe normalement, avec une future maman en bonne santé et qui est enceinte d’un seul enfant, également en bonne santé).

Pour se préparer à la naissance, il existe également plusieurs ressources/soutiens :

  • L’ostéopathe/kinésithérapeute : pour prendre soin de son dos ou de son bassin
  • Les doulas : solution encore assez méconnue en Belgique, elles remplacent en quelque sorte les sœurs d’antan. Ce sont des mères d’expérience, à votre écoute et capables de donner aux futures mamans toute une série d’informations  sur la grossesse et sur l’accouchement. Il n’est donc pas question ici de suivi médical ni paramédical mais bien d’un accompagnement psychique durant la grossesse.
    Par contre, ce soutien n’est pas encore légiféré en Belgique. Les doulas suivant des formations nonofficielles, leurs services ne sont donc pas remboursés par la mutuelle.

Tous les types de suivi et de soutien vu ci-dessus sont combinables. Les femmes enceintes pourraient très bien aller voir un gynécologique et une sage-femme en parallèle ou encore prendre un rendez-vous chez un gynécologue ou une sage-femme et un kiné. Tout est envisageable.

A partir de quel moment est-il opportun de contacter la sage-femme ? Est-ce le même prix qu’une consultation chez un gynécologue ?

Il n’y a pas vraiment de règle générale. La maman peut contacter une sage-femme dès qu’elle en a envie. Elle peut également rencontrer un souci médical avec un gynécologue suite à quoi, elle aimerait trouver des réponses à ses questions.
Cela dépend en grande partie de la démarche de la future maman. Voici les différentes possibilités :

  1. La future maman souhaite être encadrée par une sage-femme durant l’entièreté de sa grossesse

    Une sage-femme est tout à fait en mesure de suivre une grossesse de A à Z. Dans ce cas de figure, il vaut mieux prendre contact avec une sage-femme assez rapidement.
    La seule chose qu’elle ne fait pas, c’est l’échographie, qu’elle prescrira. Dans ce cas, la patiente se rendra chez son gynécologue pour réaliser les 3 échographies durant la grossesse. La future maman n’a donc pas forcément besoin d’un suivi gynécologique si elle est suivie par une sage-femme et si tout se passe bien.
     
  2. La future maman souhaite être accompagnée par une sage-femme uniquement pour la préparation à la naissance

    Elle bénéficie d’un temps de réflexion supplémentaire. Il convient ici de prendre contact avec la sage-femme dans le courant du 2ème trimestre (généralement, après la seconde échographie) car d’un côté, on ne sait jamais à l’avance ce que peut révéler une échographie et d’un autre côté, ce n’est pas toujours efficace de s’y prendre trop à l’avance.
    Peu importe la raison de prendre contact avec une sage-femme, de nombreux rendez-vous sont remboursés par la mutuelle : vous pourrez donc, si vous le souhaitez, voir un gynécologue et le lendemain une sage-femme : les deux types de prestation seront remboursées car ce ne sont pas les mêmes codes INAMI.
Newborn baby

Où puis-je trouver une sage-femme disponible ?

D’une part, sur le site : www.sage-femme.be. Vous y trouverez un moteur de recherche qui vous permet de chercher soit par région, soit par spécialité. Par exemple, il est possible de chercher une sage-femme qui pratique l’haptonomie à Namur. Toutes les sages-femmes répertoriées sur ce site sont affiliées à l’Union Professionnelle des sages-femmes.
D’autre part, il est également possible d’en trouver via les réseaux sociaux, le bouche à oreille ou encore les gynécologues.

Combien cela me coûtera-t-il ?

  • si la sage-femme est conventionnée : les prix sont fixés par l’INAMI et dans ce cas,  la patiente est remboursée à 100%. Les seuls frais variables concernent la préparation à l’accouchement.
  • si  la sage-femme est non conventionnée : elle fixe le prix qu’elle souhaite. Dans ce cas, la patiente sera remboursée à 80% du prix de la consultation par l’INAMI.

Dans les 2 cas, la future maman a droit à un remboursement de maximum 12 séances.

Quels sont les avantages à faire appel à une sage-femme plutôt que de s’en tenir au suivi proposé par le gynécologue ?

De manière générale, la sage-femme a plus de temps à vous consacrer. Une consultation dure entre 30 minutes et une heure. Durant ce laps de temps, les patientes ont vraiment le temps de soulever leurs interrogations et d’être écoutées.
De plus, elles ont des connaissances en physiologie que les gynécologues n’ont pas.  
Les sujets abordés avec une sage-femme sont nombreux et variés :

  • l’allaitement maternel
  • le post-partum
  • la préparation à la naissance (yoga, gym prénatale aquatique, sophrologie, haptonomie)
  • l’aquagym

Il y a beaucoup de choses que l’on peut faire en plus en faisant appel à une sage-femme, lorsqu’elle a suivi différentes formations supplémentaires. Cela aide vraiment les femmes a aussi gérer leur stress durant la grossesse de manière à être le plus relax possible pour que l’accouchement se passe au mieux possible.

Quelles sont les différentes options/différents milieux possibles pour l’accouchement ?

  • L’hôpital : actuellement, 99% des naissances y ont lieu.
  • Le plateau technique : cela se passe à l’hôpital également mais la sage-femme accompagne la future maman dès le déclenchement du travail et est présente pour l’accouchement. Cela s’adresse principalement aux mamans désireuses d’un accouchement un peu plus naturel mais qui souhaitent néanmoins accoucher dans un milieu hospitalier.
  • La maison de naissance : uniquement pour les grossesses à bas risque. L’entièreté de l’accouchement se fait dans la maison de naissance. Il est tout à fait envisageable d’accoucher dans l’eau, à l’aide d’une piscine portable qui sera placée à l’endroit privilégié de la future maman.
  • Il n’y a ici aucune possibilité de péridurale car il n’y a tout simplement pas d’anesthésiste. L’accouchement se passe dans une chambre, comme à la maison mais en cas d’urgence, il y a bien évidemment la possibilité de réaliser les premiers soins.
  • Il existe quelques maisons de naissance intra-hospitalières mais les places se font rares car ces maisons de naissance sont peu nombreuses. Il est donc indispensable de s’y prendre dès le début de la grossesse.
  • L’accouchement à domicile : 2 sages-femmes se rendent au domicile de la future-maman, lorsque le travail est déclenché. Ceci n’est possible qu’en cas de grossesse à bas risque.

Quels conseils donneriez-vous à une future maman qui apprend qu’elle est enceinte ?

Qu’elle réfléchisse bien à l’endroit où elle souhaite accoucher.
Si elle souhaite accoucher à l’hôpital, qu’elle réfléchisse également au suivi qu’elle privilégiera ainsi qu’à la philosophie de l’hôpital. Voici une raison supplémentaire de prendre un premier rendez-vous chez une sage-femme, qui est neutre, pour permettre à la future maman de s’orienter :

  • Expliquer les différentes options
  • Communiquer des informations nécessaires sur les hôpitaux
  • Donner des noms de gynécologues, qui correspondent avec la philosophie recherchée

Ce sont des réflexions à ne pas négliger, afin d’éviter à la future maman d’être déçue après l’accouchement.

Une fois que bébé a pointé le bout de son nez, maman bénéficie-t-elle encore d’un suivi ?

En milieu hospitalier, si l’accouchement s’est bien passé, la maman reste 2 à 3 nuits.
Si elle a subi une césarienne, elle devra rester quelques jours supplémentaires.
Ensuite, il y a un suivi à domicile, réalisé par les sages-femmes, également remboursé par l’INAMI.
La maman a droit à maximum 10 séances de post-partum.

Par contre, si la naissance a eu lieu dans une maison de naissance, la maman reste en général la nuit suivant l’accouchement mais repart le lendemain. Si l’accouchement s’est déroulé au petit matin, le départ se fait généralement dans le courant de la soirée. Le suivi se fait également à domicile, tous les jours durant les 3 voire 5 premiers jours. Ensuite, cela dépendra des besoins de la maman et du bébé.